Aimer l’hiver – première partie

Ce n’est pas une chose facile d’aimer l’hiver. Je suis loin d’apprécier la grosse goutte d’eau glaciale qui guette le centimètre exposé de ma nuque avant de la cibler avec toute la précision d’un missile thermo-guidé; j’aborde avec réticence le bourbier du parking de l’école et une grosse pluie me donne simplement envie de rester à la maison et regarder des vieux films.

Combien de fois avons-nous entendu ‘Je déteste l’hiver. Je veux qu’il soit terminé.’ Et ce en décembre! En France, nous sommes gâtés depuis plusieurs années par l’été sans fin : les journaux télévisés se ruent sur la Méditerranée à partir de Pâques pour filmer ceux qui tentent les premiers baignades; il y a 15 jours, nous nous félicitions d’encore manger dehors. Le dérèglement des saisons nous éloignent de nos rythmes naturels, mais il n’y a pas que ça. Je me souviens d’avoir dit il y a quelques années à un collègue que les tomates seraient bientôt en saison – « Ah, parce qu’elles ont une saison? » m’a-t-elle répondu. Quelque part elle avait raison : les rayons du supermarché laissent croire que les légumes poussent toute l’année, que l’arbre porte fruit en continu. Des haricots verts pour Noël et des agrumes en été. Notre ressenti des saisons a été énormément faussé par ces fruits et légumes adeptes du voyage.

Depuis que je travaille sur la conscience de mon cycle, j’ai commencé à voir les parallèles entre les saisons de l’année et mes propres rythmes internes. Je creuse la signification des saisons pour les autres êtres vivants de la planète, du règne animal et végétal. Et si j’étais aussi comme eux? Si j’étais tributaire de ces mêmes rythmes moi aussi? Ce serait comment si j’écoutais leur impulsion? Mon travail sur le cycle féminin a commencé le jour où une amie a dit lors de ma première Tente Rouge ‘Si on me parlait d’un agriculteur qui plantait en novembre, je vous dirais qu’il était taré. Mais chaque mois, sans faille, je fais pareil quand je bourre mon planning d’activités juste avant et pendant mes règles.’ Ces mots ont retenti dans mon esprit, dans mon cœur, dans mon corps. J’ignorais mes propres saisons, comme si je sortais en T-shirt en décembre ou en doudoune le mois d’août!

Ça fait quasiment 13 ans que je mange selon les saisons. C’était difficile au départ de renoncer aux aliments mais avec le temps, c’est mon corps qui donne le ton plutôt que mon cerveau d’écolo – il sait ce qu’il veut! Je peux garantir que les dernières pêches, les dernières tomates, le dernier concombre de l’été pourriront tous au frigo – je les ai achetés, en voulant faire durer le bonheur estival, consciente que c’était la fin. Mais mon corps avait déjà passé à autre chose : quand j’ouvrais le frigo pour chercher de l’inspiration, ces aliments-là ne parlaient plus à mon corps qui avait commencé la ‘contraction’ de l’automne.

Qu’est ce que les saisons impulsent chez les plantes? Au printemps, la sève monte, la lumière est de retour, l’énergie renaît. C’est le moment de l’expansion, de la croissance. Arrive l’été, le sommet de cette énergie fructifiant : c’est la plénitude, l’abondance. Puis l’automne dans toute sa dualité : la richesse de la récolte puis la contraction. On parle souvent de la mort de cette époque, mais ce n’en est pas. Les plantes annuelles meurent et deviennent du terreau pour la suite. Cette contraction continue jusqu’à ce que toute l’énergie de la plante se concentre dans les racines souterraines. De la surface, on dirait que rien ne s’y passe mais c’est faux! Tout se joue pendant l’hiver! Sans pouvoir se nourrir en profondeur pendant cette période, la plante n’aura pas l’énergie pour ‘renaître’ au printemps.

Il peut être difficile d’aimer ce vide, d’apprécier ce temps qui nous donne envie de nous recroqueviller sous les couettes, de nous contracter, de hiverner. Un temps où on se sent agressé par les vagues de froid. Mais je crois qu’une grande partie de cette difficulté s’explique par le fait que nous vivons à contre-courant des rythmes que les autres Terriens non-humains observent. Il suffit de penser à comment nous digérons mal l’abondance de Noël…

De la même manière, il peut être difficile d’aimer la menstruation, d’aimer ce vide, d’apprécier ce temps qui nous donne envie de nous recroqueviller sous les couettes, de nous contracter, de hiverner… mais pourtant, elle a un sens profond, tout comme l’hiver.

Ce billet devient long et j’ai encore beaucoup à dire! Vous pourrez lire la suite dans une semaine. J’ai envie de vous laisser avec tout ça pour l’instant et en attendant, je vous invite à sentir cette saison, comment elle vous parle, qu’est-ce qu’elle vous inspire. Pour celles qui souhaitent développer et honorer ce contact avec la Nature et les saisons, je vous invite à découvrir mes nouvelles propositions de Rituels des Saisons sur le site web d’Entente Féminine, en commençant par le Solstice d’Hiver le 21-22 décembre, un temps à partager avec toute la famille.

Si vous êtes prêtes à lire la suite déjà, vous pouvez le faire en cliquant ici

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2 commentaires pour Aimer l’hiver – première partie

  1. coucou Jacqueline,
    j’ai lu avec beaucoup de plaisir tes articles, je vois que les choses cheminent!
    un trés beau pas-sage à toi
    Laurence

  2. Ping : Aimer l’hiver – deuxième partie | Entente Féminine

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