Belle toute nue

Un billet écrit pendant une période forte difficile pour moi – n’oubliez pas de lire la suite plus nuancée après… Existe aussi en anglais

Récemment, une jeune femme de 21 ans est venue me consulter par rapport à ses règles. Un entretien typique a suivi, rien de très marquant, jusqu’aux dix dernières minutes quand le vrai motif de sa visite a émergé. Il n’était pas question de son cycle féminin avec ses hauts et ses bas, normal donc, mais du plus intime de sa féminité où là, les choses ne tournaient pas rond.

Entre sanglots, cette belle femme en fleur, m’a parlé de sa crainte devant une relation intime, de sa peur d’être jugée et rejetée. Elle n’avait plus de confiance en elle-même, ni sur le plan relationnel, ni sur le plan sexuel parce que son sexe n’était pas ‘normal’ car les lèvres intérieures dépassaient les lèvres extérieures de deux centimètres. Elle savait par elle-même qu’elles étaient anormales après avoir visionné de la pornographie et son constat avait été confirmé par le dernier homme qui s’y est aventuré et qui avait manifesté sa répugnance pour ses grosses lèvres. Parce que ma cliente est une jeune femme du 21ème siècle, il existe une solution clé en main pour toute différence mal vécue : elle avait pris la décision de se faire opérer sa ‘difformité’. Elle avait déjà épargné 1400€ et il lui manquait 600€ pour pouvoir passer à l’acte.

De mon côté, la tachycardie, l’impression que mon sang bouillonnait, que ma tension avait explosé mais j’ai fait mon mieux pour maintenir un minimum de professionnalisme et pour ne pas hurler ‘ÇA VA PAS, NON??!!!’ en pleine séance. Rien que l’idée qu’un jeune homme puisse se trouver devant le Saint des Saints, en parler avec révulsion mais y entrer quand-même me paraissait comme une profanation. De cette expérience ma cliente avait retenu qu’elle était anormale et non pas que son mec était un abruti.

Ce ne serait pas la première femme de se retrouver devant un homme inculte. Dans le 19ème siècle, le célèbre chroniqueur John Ruskin a été si choqué la nuit de ses noces par la découverte que le sexe de sa femme était orné de poils pubiens, que le mariage n’a jamais été consommé et il est devenue abstinent pour le reste de sa vie. Comment c’est qu’à notre époque, avec l’internet à l’appui, qu’un homme puisse être aussi ignorant?

Ah, mais voilà une partie du problème… notre cher ami l’internet, celui qui te permet de lire ces mots, de retrouver les copains d’avant et de regarder ta maison du ciel, il est aussi un pourvoyeur de pornographie pernicieuse. (Attention : je n’ai pas dit que le sexe était pernicieux, mais la pornographie, pas pareil.) Ce qui est pernicieux c’est le fait que l’éducation sexuelle est devenue largement le domaine des pornographes et j’ai des grosses doutes sur ce qu’ils véhiculent. playboy_ad_brazilPar exemple cette charmante publicité de Playboy Brésil… En sachant que de nos jours, Playboy paraît presque inoffensif à côté de ce qu’on peut trouver sur le Net.

Déjà quelques statistiques : Seuls 16% de mineurs d’âge échappent aux images pornographiques.¹ Une enquête conduite avec 10 000 élèves en France a constaté que 80% de garçons et 45% de filles de 14-18 ans avaient regardé au moins un film pornographique pendant l’année précédente.² Ah oui, il faut noter que cette étude là date de 2004… tu avais l’internet sur ton téléphone en 2004? 9 ans plus tard, l’accès à la pornographie est encore plus facile. Mais où le lien avec le sexe ‘anormal’ de ma cliente? Beaucoup des images qu’on trouve des femmes dans la pornographie, à part des ‘niches fétiches’, sont de sexes épilés aux petites lèvres. Dans le cas des images, on retouche la vulve à l’aide de Photoshop. Pour tout ce qui est filmé, soit les actrices ont déjà des lèvres de petite taille, soit elles se font opérer – la labiaplastie, la réduction chirurgicale des petites lèvres.

Je respire un grand coup et pendant que ma jeune cliente s’essuie les larmes, je lui fais un petit cours de ce que nous appelons en anglais ‘body literacy’ – ‘alphabétisation corporelle’. Je lui explique que les lèvres d’une fillette grossissent quand elle devient femme. Que chaque sexe est unique, comme une fleur. Qu’ils ne sont pas forcément symétriques, ni colorés tous pareils (la preuve se trouve sur le site du Large Labia Project). Je lui fais regarder un livre du plasticien britannique Jamie McCartney, qui, insurgé contre la mutilation des jeune Panel-2-460x280filles dans de nombreuses cultures à travers le monde a trouvé d’autant plus perturbant que les femmes occidentales qui ont des droits et des choix, se refont le sexe au moyen du bistouri. Il a fait des moulages en plâtre des vulves de 400 femmes qu’il a assemblés dans 10 stèles énormes qui forment The Great Wall of Vagina – la Grande Muraille de Vagin. (Son seul regret : devoir épiler des femmes pour pouvoir mieux montrer les lèvres, et au passage leur éviter une épilation intégrale au plâtre). Des médecins avertis se servent de son travail pour montrer aux femmes à quoi ressemblent des femmes, dans toute leur variété. D’autres médecins avec un moindre sens d’éthique sont contents de se remplir les poches.

Dans l’article sur Wikipédia³ sur la labiaplastie, on lit des professionnels de santé qui s’inquiètent que ‘Les patientes veulent que leur vulve soit plate, sans aucune protrusion en dehors des grandes lèvres’, et certes ce sont des femmes majeures qui se présentent pour se faire opérer, elles ont leur responsabilité. Mais suis-je la seule à sentir qu’il y a une part de l’attente de l’homme dans cette décision? La peur des croyances bidonnes de certains que les lèvres sont grosses quand une femme a ‘beaucoup couché?’ Le désir de faire plaisir à son jules? Quelqu’un qui sort avec moi, remarquerait d’office que j’ai un nez généreux, il n’y aura pas de surprise. Ce n’est pas pareil quand une femme enlève son dernier sous-vêtement pour dévoiler le Saint des Saints et que son prince découvre qu’il est avec une femme qui n’a pas été retouchée. Ce n’est pas à ce moment là, au plus intime, qu’elle peut facilement encaisser le rejet, le refus, la révulsion. Le sexe de la femme n’est pas un produit mondialisé, standardisé. Ce n’est pas comme un burger de McDo qui est identique qu’on soit à Montréal ou à Montelimar. Mais il est en passe de le devenir…

Visiblement, on ne peut pas compter sur l’éducation sexuelle en milieu scolaire qui n’a pas encore reconnu l’existence du clitoris, ni du plaisir féminin (ce sera un autre billet!) pour rectifier les choses. Si on est parent, c’est à nous de faire passer ces messages à nos ados, à nos pré-ados, filles et garçons – subtilement, bien sûr – afin qu’on reprenne la main des pornographes. Et au cas où que j’ai des lecteurs en plus des lectrices : Messieurs, vous avez tous intérêt à découvrir à quoi ressemblent des ‘vraies’ femmes, des femmes comme elles sont, dans toute leur variété, et à apprendre à les apprécier, sans qu’elles aient à se faire mutiler. Le cas échéant et dans l’intérêt de la parité stricte, il faudrait que vous aussi soyez jugés par le barème de la pornographie… nombreux pourraient se sentir désavantagés… (Je me sens obligée de préciser que ce dernier paragraphe s’agit de l’ironie servie à la louche – certain(e)s me prennent à la lettre…)

Pour la suite de l’article

© Jacqueline Riquez

1 http://www.educationsante.be/es/article.php?id=1004=

2 http://www.csa.fr/Etudes-et-publications/Les-dossiers-d-actualite/Les-effets-de-la-pornographie-chez-les-adolescents/Les-resultats-de-l-enquete

3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Labiaplastie

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Se réconcilier avec le féminin

affiche_A3_webIl y a une phrase que j’entends souvent en Tente Rouge : « pour moi, le féminin, les femmes, ça n’a jamais été mon truc. » Le ton est un peu défensif, celle qui parle est à l’aise comme une gazelle à une colloque de lions. Une femme de plus qui n’a pas grandi en présence du féminin épanoui, une femme qui a vécu tout ce qui a de pire dans le féminin dénaturé. Je suis toujours impressionnée par la volonté de ces femmes de dépasser leurs histoires et de mettre le pied dans une Tente Rouge, véritable creuset chaud du féminin, même si elles ne se sentent pas à leur place.

Ces femmes-là se croient les intruses, mais c’est loin d’être le cas. Nous sommes peu nombreuses à avoir grandi avec une image positive de la femme, à avoir eu des mères épanouies et heureuses de leurs vies. Au contraire, les générations qui nous ont précédées ont vécu pour la plupart dans des mondes restreints, où leurs talents étaient cachés ou négligés, où leurs droits étaient limités et leurs espoirs bafoués. Ainsi se construit ce que je nomme le féminin dénaturé – les choix mesquins ouverts à ces femmes se traduisaient souvent dans une mesquinerie à l’encontre de tous.

Dans un prochain billet, je parlerai du cas extrême et pourtant courant des filles de mères narcissiques, des mères qui ont pu faire beaucoup de dégâts à leurs enfants. C’est mon intention de créer un groupe à distance (le miracle de Skype à plusieurs!) pour que nous cheminions ensemble dans les étapes nécessaires pour se remettre de ce genre d’éducation. Ce n’est pas encore l’heure, mais gardes un œil sur ce site!

Nous avons toutes à naître en tant que femme, apprivoiser ce féminin longtemps resté aux oubliettes. Nous avons à faire la paix avec tout ce qui a de lourd et de blessé dans nos passés et dans nos lignées. Nous avons à construire une vision nouvelle de la femme, qui lui rend le sacré qu’on lui a ôté. Nous pouvons découvrir comment un modèle féminin peut enrichir notre société, un modèle qui se repose sur la co-opération plutôt que la compétition, un modèle qui nous permet d’être leader mais aussi faillible.

« Si tout d’un coup l’on découvrait un trésor ancestral, enfoui dans un coin de la maison, ignoré par tous les membres de la famille, quelle célébration il y aurait ! De la même façon, le  pouvoir merveilleux de la femme reste endormi. » Comme le dit si bien Gandhiji, la ressource naturelle qui est la femme a sombré dans l’obscurité trop longtemps. Je t’invite à naître à toi-même, à te mettre au monde.

D’ici 18 jours le 4ème festival féminaissance aura lieu, un festival où nous fêterons la naissance de la femme. Si tu t’accordais la possibilité de te réconcilier avec le féminin, la possibilité de laisser émerger ce qui a été longtemps brimé. Et voici une idée encore plus radicale…

Cet hiver j’ai eu une révélation quand j’ai choisi d’arrêter de punir ma mère pour les erreurs qu’elle a fait dans le passé et dans l’inconscience ;  je suis allée vers elle, je l’ai offert une belle journée à Londres avec mon père. Cette journée a transformé notre relation, elle n’a pas effacé les griefs du passé mais elle m’a permis de vivre autre chose dans le présent. Et si… et si tu invitais ta mère, ta sœur, un membre de la famille, peu importe, même quelqu’un qui n’est pas dans cette démarche de conscience. Invitesz-les à passer un petit moment, à danser, à s’exprimer, à créer, à flâner tranquillement dans le Salon des Femmes. Si tu partageais cette ouverture, qu’est-ce que ça pourrait générer de nouveau dans ta vie ?…

Au passage, je te rappelle que certains ateliers se remplissent, donc vite, n’attends pas la dernière minute, surtout si tu comptes manger le samedi soir. Les inscriptions sont ouvertes, tout est sur le site. Il ne manque que toi. Et peut-être ta mère.

© Jacqueline Riquez

 

 

 

 

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Faire face aux traumatismes

Vivez-vous des moments de stress et de tension intenses dans votre vie? Une relation qui vous met en difficulté, une divorce qui apporte de la violence (verbale, psychique, physique, morale…), la menace du licenciement, des graves maladies qui atteignent vos proches? Avez vous vécu un événement traumatisant dans votre vie? Un décès, une agression, un accident ou un viol? Avez vous eu une expérience qui résonne encore dans votre vie? L’anniversaire de l’événement, un passage dans les lieux où tout s’est passé. Rien qu’y penser et vous vous retrouvez replongée dans les émotions vives et viscérales de l’époque où ce traumatisme a eu lieu? Le coeur bat la chamade, les mains tremblent, la respiration s’accélère – ce sont tous des signes d’un traumatisme non-digéré. Que ce soit du stress, de la tension ou du traumatisme, ce texte est pour vous…

Souvent je suis frappée par une qualité d’insouciance que j’aperçois chez les autres, parfois chez mes consœurs dans ce travail sur le Féminin. Une insouciance qui n’est, sans doute, que le produit de la faiblesse de mon imaginaire et de la force de ma projection, car ce que je crois percevoir chez les autres n’est que le reflet du manque en moi. Je bataille avec des démons, certains très anciens, certains plus récents. Les dégâts descendent jusqu’aux fondations de mon être et les fissures aux fondations remontent à travers les couches supérieures et plus récentes de ma vie. Je suis consciente que sans ce travail de fond, de nettoyage, d’assainissement, que tout ce que je fais, tout ce que je suis, continuera d’être compromis si je ne fais pas face aux sources de mes difficultés.

Depuis de nombreuses années, j’ai eu la grande chance de pratiquer l’EMDR (Mouvement oculaire désensibilisation et retraitement) avec un psychologue pour aborder certains événements traumatisants qui impactaient encore sur ma vie. Quand ma fille était hospitalisée pendant 2 mois à sa naissance avec un enjeu vital souvent présent et ensuite hospitalisée à domicile pendant 3 mois, on a diagnostiquée le syndrome de stress post-traumatique chez moi. Les mécanismes que le corps met en place pour nous protéger du danger ne s’éteignent pas quand le danger est passé. Chaque fois que ma fille toussait, je craignais qu’elle allait mourir. Quelques séances d’EMDR m’ont permis de vider ces souvenirs de leur charge puissante : je m’en souviens encore, mais des réactions post-traumatiques ne sont pas enclenchées. Pour une expérience traumatisante spécifique, l’EMDR est un outil puissant et libérateur, que je n’hésite pas à recommander.

Pourtant, tout récemment, j’ai trouvé encore mieux : le TRE, Trauma Release Exercises (Exercices pour relâcher le traumatisme) de David Berceli que j’ai découvert lors d’un stage de trois jours à Londres, le premier pas avant de pouvoir enseigner cette technique aux autres. Si le traumatisme a touché votre vie, vous saurez que peu importe le nombre de fois que vous en parlez, il résiste, perdure. Le principe des TRE est que le traumatisme reste bloqué dans le corps mais que par le biais du corps, nous pouvons arriver à le libérer. De la même manière que l’organisme humain est conçu pour vivre et endurer des épisodes traumatisantes, il est également conçu pour se remettre de ces expériences. Nous possédons tous un mécanisme naturel pour libérer le stress et la tension. Avez-vous jamais remarqué après un gros choc que vous tremblez? Quand on voit quelqu’un qui tremble comme une feuille après un accident, on a envie de les calmer, les arrêter, or ces tremblements sont la façon naturelle du corps d’évacuer et d’éliminer l’accumulation d’adrénaline. Ce sont des réactions naturelles et instinctives, qu’on voit beaucoup plus chez les enfants mais le conditionnement social fait en sorte que ces réactions s’estompent quand on grandit. Les exercices du TRE que David Berceli a conçus, ont pour objectif d’amener une douce pression aux muscles afin de stimuler ces mêmes tremblements. Initialement accompagné par un praticien de TRE, par la suite on peut continuer de pratiquer ces exercices en solo en fonction de ses besoins.

Mais sans parler des traumatismes, le technique de TRE est utile pour toute forme de stress et de tension chronique. Le sentiment de bien-être qu’on vit après ces séances de ‘tremblements’ est phénoménal. On sent une paix, un sentiment de calme, une décharge de tension, comme on peut sentir après avoir fait l’amour, ou après avoir fait de l’exercice. Avec le TRE on se préoccupe peu des mémoires qui peuvent être déclenchées par la pratique des exercices. Le praticien nous encourage sans cesse à revenir dans le corps, à revenir dans les sensations. Nous avons tellement l’habitude de vivre dans nos cerveaux que nous avons tendance à vouloir y trouver toutes nos solutions. Or la ‘solution’ à un événement qui est resté bloqué dans le corps ne se retrouve pas dans le cerveau. Le TRE permet au corps d’évacuer ce qu’il y a à évacuer.

À ‘automne, pour la première fois en France, un stage de TRE aura lieu à Lyon. Le stage sera ouvert à tous, hommes, femmes, particuliers, thérapeutes, l’occasion de découvrir un outil fabuleux qui a fait ses preuves partout dans le monde pendant plus de 25 ans. Si vous êtes intéressé par l’idée de ce stage ou vous pensez aux personnes qui pourraient l’être, faites moi signe pour que je vous tienne au courant quand les dates se précisent.

En attendant, quatre personnes auront la possibilité de découvrir ce technique gratuitement dans une séance individuelle avec moi. Si vous voulez en savoir plus, contactez moi à contact.entente@gmail.com ou par téléphone au 06 19 07 27 25 si vous avez envie de discuter.

Vous m’excuserez, mais je dois aller trembler un peu… écrire tout ça m’a donné envie!

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Le rituel de ménarche

Tout le monde a entendu parler de la ménopause, mais son homologue du début du cycle féminin est moins connu. Déjà en français, il n’y a même pas un consensus sur le genre du mot ménarche ! Je vais choisir donc LA ménarche (et je serais reconnaissante si L’Académie Française pourrait s’y pencher un de ces quatre et tant qu’à faire reclasser vagin, sein, clitoris et compagnie en noms féminins – franchement, j’ai assez de soucis avec votre langue et ça me faciliterait la vie).

Pour la plupart de femmes, ce passage important s’est passé sans fanfare et sans cérémonie. Peu de cultures maintiennent encore des rites de passage pour ce moment clé dans la vie d’une femme. Pire encore, plusieurs femmes ont vécu cette transition de manière brutale. Des mots non-dits, des gifles, du rejet, du silence, des reproches – dans ma position privilégiée de facilitatrice de Tentes Rouges, j’ai entendu des verts et des pas mûrs…

Comment se fait-il que des mères, dont certaines exemplaires dans d’autres circonstances n’arrivent pas à accompagner leurs filles au moment de la ménarche? Souvent ces mamans reproduisent ce qu’elles ont vécu elles-mêmes avec leurs propres mères. Le cycle se perpétue.

Mais les temps changent, et les esprits évoluent et nombreuses femmes me parlent de leur désir de proposer autre chose pour leurs filles – c’est géant comme idée! Mais malheureusement, il y a un petit hic… Il ne suffit pas de vouloir que ta fille vive autrement son cycle : le travail commence avec toi. Notre envie que ‘ça se passe mieux’ pour elles ne suffit pas. Il faut que ‘ça se passe mieux’ pour la maman aussi. Sinon nos filles, avec leurs détecteurs de mensonges archi-performants, vont déceler l’écart entre ce que maman dit et ce que maman vit! Les non-dits sont tout aussi parlants que les mots.

Avant que nous puissions transmettre quelque chose de positif à nos filles sur la ménarche, il faut que nous puissions réapproprier nos propres cycles, nos lunes à nous.

Ce printemps, avec Emmanuelle Saucourt, nous relançons un nouveau cycle de stages ‘Les Voies Féminines : la femme cyclique sur le chemin des contes et justement, le point du départ est ce moment de passage entre la jeune fille et la jeune femme. Pendant tout un weekend, nous explorons le printemps du cycle féminin, la pré-ovulation, et cette archétype de la Vierge, que nous connaissons déjà dans les contes, sous les airs de la Petite Chaperon Rouge ou la Belle au Bois Dormant. Nous puisons dans le printemps en fleur autour de nous à la lisière des Monts du Lyonnais… que des beaux moments – vous pouvez lire quelques témoignages sur le site web.

Mais pour moi, le moment clé de ce premier weekend est le rituel de ménarche. Chaque stage se termine avec un rituel pour vraiment ancrer, incarner et rendre sacré tout ce que nous avons construit pendant le weekend. Plus particulièrement avec le rituel de ménarche, c’est la possibilité de remettre les compteurs à zéro, de régler ce qui a été déréglé à l’arrivée des règles, la possibilité de guérir ce qui a été brisé. J’ai pu vivre moi-même ce rituel lors de ma formation sur le cycle féminin en Angleterre avec Alexandra Pope. C’était un moment puissant et transformateur, un moment de guérison du féminin blessé.

Par la suite il y aura des stages maman-fille, pour des femmes qui souhaitent accompagner leurs filles pré-pubères sur leurs chemins de devenir jeunes femmes. Et il y aura aussi, j’espère des stages d’un jour sur le thème d’apporter l’harmonie à son cycle où il y aura également un rituel de ménarche. Mais pour l’instant, et pour répondre à des nombreuses demandes pour ce rituel, je le propose que au sein des stages ‘Les Voies Féminines’. Il y a le choix de deux dates pour le premier volet du printemps : le 16-17 mars ou le 13-14 avril. J’espère que vous pourrez nous rejoindre pour vivre ces moments phares, le tout dans l’entente féminine.

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Aux profondeurs…

Je l’ai lu dans les runes, dans mes cartes Féminitude, même dans le tarot que je ne touche quasiment jamais : ce qui se profile pour moi est une descente dans l’hiver profond, dans les ténèbres de mon âme. Oui, j’avoue, j’aimerais bien autre chose à cette période de festivité où j’ai l’impression d’être la seule qui n’a pas été invitée, la Cendrillon par excellence. Ma ‘Fairy Godmother’ m’a posé un lapin. Elle a dû être invitée à réveillonner quelque part. Pfffffff. Mon ex est en Espagne avec une femme qu’il ‘aime’ depuis bien avant mon arrivée. Je me retrouve seule dans cette période où les babysitters sont très rares. Il n’y a pas d’issu, décidément, il va falloir que je fasse face…

Mais ma Femme Sage, qui est dans son élément à cette saison, sait autrement. Elle sait que ce n’est pas pour rien que je me trouve obligée à faire face à mes démons, à me confronter dans mes peurs, dans mes anciens schémas. Ma croissance et mon développement sont en jeu ici. Pour continuer sur ce chemin de changement, entamé le jour où j’ai commencé à proposer les Tentes Rouges, confirmé par toutes les expériences qui ont suivi, y compris l’abandon par mon ‘partenaire de vie’, il va falloir que je descende dans le marasme, que j’aille dans ces parties de mon âme que j’aimerais faire disparaître.  Voilà ce qui est demandé en cette saison, probablement pour nous tous, et carrément au contresens de la tournée sans fin de fêtes, de réveillons, et de réunions familiales. Pas la peine de chercher trop loin pour la source de toutes ces gastroentérites de fin d’année : cette saison comme nous le vivons est guère digeste!

Tant que je n’aborde pas mes démons, ils continueront de faire des ravages dans ma vie, les petites voix sournoises dans mon oreille, qui cristallisent toutes mes doutes et mes peurs. Peut-être que ces démons ne s’en iront jamais, c’est possible. Mais je sens qu’il y a la dernière étape de ce deuil de couple à affronter.

Autrefois, la femme se retirait pendant quelques jours au moment de sa Lune. Elle se réfugiait dans le Moon Lodge pour affronter son hiver en solitude accompagnée. Il n’y a pas à avoir peur : on sait ce qui se trouve dans nos ténèbres, il n’y aura pas de surprise. Mais nous sommes convoquées à ce rendez-vous avec nous-mêmes.

Ce janvier, deux groupes de femmes vont tenter cette expérience avec moi et avec Emmanuelle Saucourt dans le stage hiver du cycle ‘Les Voies Féminines’ – nous allons créer cet espace de sécurité du Moon Lodge pour que chacune puisse faire la paix avec  son côté sombre afin d’émerger renouvelée à la fin de l’hiver. Si tu veux nous rejoindre, il est encore temps….

Je plonge aux profondeurs…

Aux profondeurs

Aux profondeurs

 

 

 

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L’Entente existe!

Il a fallu presque neuf mois entre le moment où j’ai voulu mettre en place ce réseau social pour femmes et sa réalisation. Comme quoi, un projet a besoin de temps pour mûrir. Pourtant, les derniers jours avaient tout l’air de la mobilisation urgente pré-accouchement : je n’étais pas complètement prête, la valise n’était pas préparée, mais je sentais comme une évidence que le moment était venu.

Ce réseau s’appelle L’Entente car elle propose la continuité se ce que nous vivons ‘en Tente Rouge’, ce que j’ai eu l’honneur de vivre avec des centaines de femmes : cette capacité de rentrer en résonance avec l’autre, de donner et de recevoir l’empathie, l’écoute, l’entente. Imaginez : vous terminez un stage avec un groupe de femmes et dès votre retour, vous créez un groupe sur l’Entente où la discussion se poursuit, se développe, mûrit, au fil de vos vies, de vos expériences. Quand j’ai commencé ma formation avec Alexandra Pope il y a 13 mois, un réseau de ce genre – (http://womensquest.ning.com) était mis tout de suite à notre disposition. Les femmes de ce groupe ont continué de tisser des liens forts et riches malgré le fait que nous soyons éparpillées à travers 5 pays. Mes soeurs de ce groupe sont très présentes dans ma vie avec ce ‘forum’ évolutif.

Donc mesdames, je vous invite à lire l’introduction sur le site d’Entente Féminine et si vous vous sentez prête à tenter cette aventure, aller vous inscrire à l’Entente en cliquant sur ce lien.

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Pourquoi Féminaissance?

Ici, dans le ‘coin réflexion’ d’Entente Féminine, j’ai plutôt envie de creuser le ‘pourquoi’ de ce weekend. Parce que certes, vous avez des choses à faire, certes les weekends vous avez envie de privilégier vos conjoints, vos familles et certes, on ne cesse de faire des demandes sur votre temps précieux. Pourquoi rajouter une chose de plus?

Les weekends Féminaissance ne représentent pas une demande supplémentaire mais plutôt la possibilité pour la femme de se nourrir jusqu’à ses racines. Si la femme occidentale du 21ème siècle était un arbre, elle aurait des branches denses, lourdes de fruits – toute l’année, naturellement. Une partie de l’arbre serait consacrée à sa famille, une partie à son conjoint, une partie à ses parents. Il y aurait des branches qui se tendraient vers son métier, sûrement quelques unes qui abriteraient les associations qu’elle affectionne, les causes qu’elle soutient, sans parler de ces branches qui n’existent que pour protéger ses amies en moments de difficulté. Quel arbre généreux, quelle bonté de la nature.

Jusqu’à ce que le vent souffle… peut-être que ce n’est que ce vent habituel, mensuel, qui la déstabilise quelques jours. Peut-être que c’est un vent plus fort, qui annonce les grands drames de la vie. Quelle que soit la force de ce vent, notre bel arbre va avoir du mal à résister car ses racines ne sont pas à la dimension de ses branches. Ses systèmes pour donner sont bien développés mais ses systèmes pour recevoir sont très affaiblis, ses racines toutes flétries. Qui nous apprend qu’il faut recevoir avant de pouvoir donner? Qui nous rappelle que sans nos racines, nos capacités de don ne tiennent à rien?

Si l’automne et encore plus l’hiver sont problématiques pour vous comme saisons, peut-être faudrait-il examiner l’équilibre donner-recevoir dans votre vie, questionner comment vous sentez cette suggestion de prendre plus soin de vous. Personne ne peut donner dans le vide, nous avons tous besoin d’être nourris et les femmes d’autant plus, car le registre du don nous est si familier.

Venez boire de la coupe de Féminaissance. Buvez longuement, profondément, à votre soif. Et repartez nourries, rassasiées, équilibrées.

 

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